L’Humanité en marche

Ça part généralement de quelques détails ordinaires. Dans le cas de Siméon Gready, ce sont à la fois ses gestes sûres, son anglais aux accents indéterminables, son sourire large et son regard perçant. Il dégageait un petit quelque chose d’inexplicable -comme un bout de magie dans l’air. Cela était  certainement dû au fait que nous venions d’assister à une conférence des plus remarquables pour célébrer les droits de l’homme. Et lui, bien plus que moi s’y sentait comme un poisson dans l’eau.  Ma curiosité était piquée. Mille questions dansaient dans ma tête.  Mille questions que j’avais envie de lui poser pour mieux comprendre son engagement face à ces problématiques vertigineuses.

Quelques jours plus tard, nous nous retrouvions  dans un café du Pijp, à Amsterdam- à discuter des travers de notre société mais aussi des ravissements que la vie parsème discrètement sur notre route. Tout naturellement comme deux amis, nous refaisions le monde autour d’un café noire et d’un thé parfumé (il était bien trop tôt pour s’aventurer vers des choix plus grisants). En ressortant de ce premier entretien, j’étais étourdie et d’inspiration et d’admiration. Je me sentais grandis et j’avais envie d’ouvrir grand mes bras à la vie, lui dire merci. Je me sentais soudainement booster à bloc  pour donner vie aux milles projets qui bouillonnent dans ma tête. J’avais moi aussi envie de faire partie de cette bande d’humain cool qui font humblement de leur mieux pour rendre le monde  meilleur. Ce jour là, Siméon Gready m’avait donné des ailes.

Simeon Gready, humans rights, collecting stories

Du haut de ses 23 bougies, il fait partie de ces petits soldats humanistes, qui, comme disait Victor Hugo « marchent pensifs, épris d’un but sublime ». Très humblement, il se définit comme un défenseur des droits de l’Homme. Ce n’est pas un simple titre qu’il brandit à tout va pour se donner du galon. Sa démarche est bien plus personnelle. Née aux Royaume Unis d’un père Sud Africain et d’une mère Hollandaise, c’est au Cap, dans le pays de Mandela qu’il grandira. Impossible pour lui de fermer les yeux sur les injustices sociales persistances dont il est témoin au quotidien. La suprématie de la de la population blanche – qui ne représente pourtant qu’un petit 8% de la population totale du pays, est toujours remarquable. Le dernier recensement de 2011 soulignait encore ce décalage : 62% de la population noire vit sous le seuil de pauvreté contre seulement 1% des blancs seulement. Alors que l’Afrique du Sud est le pays le plus riche du continent Africain, il reste aussi l’un des plus inégalitaire du monde.

Simeon Gready fait partie de cette jeunesse fougueuse Sud africaine, qui, lassée du fardeau toujours présent de l’apartheid, entend bien faire bouger les choses.  Et jusqu’à présent, toutes ses décisions ont été prises dans ce dessein. Ce jeune optimiste voit le future Sud Africain en multi couleur. Le destin de tout un chacun ne serait alors plus conditionné par la couleur de peau. Autant que faire se peut, Il a choisit la voie de l’activisme- en toute connaissance de causes: il faudra du temps, beaucoup de temps pour bâtir cette Afrique du Sud plurielle et égalitaire dont il rêve. Mais il y croit dur comme fer. Son arme privilégiée ? Sa plume, qu’il aiguise sur différentes plateforme comme Getaway Magazine, Mail & Guardian’s Thought Leader et ainsi que sur son blog (où il raconte principalement ses différents voyage dans son continent – l’Afrique). Il écrit pour bousculer les mœurs, susciter le débat en se basant sur ses expériences. Le jeune activiste considère que le changement sociale dans le pays de Nelson Mandela ne se fera que par une introspection, une réflexion personnelle –essentiellement de la population blanche– qui profite encore et toujours de leur suprématie sociale comme une légitimité. On ne peut que saluer cette audace et s’en inspirer…

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