
S’il y a bien une chose dont je ne me lasse pas, c’est des couleurs changeantes du ciel. Ce soir là, en sortant de chez moi, j’ai même poussé un petit cri excité à la vue de ce bleu nuancé de rose, assombrit par le soleil qui se couchait. C’était de toute beauté ! Il n’en fallait pas plus pour me mettre d’une humeur joyeuse. Mes écouteurs vissés aux oreilles, c’est habillé d’un large sourire ridicule aux lèvres que je me rendais en bicyclette vers le prestigieux Théâtre Royal, Carré, où allait jouer Agnès Obel.
Malgré le temps qui menaçait (oui, bienvenue à Amsterdam et sa météo changeante) ce trajet à vélo était un régal. Je m’arrêtais à tout bout de champ pour immortaliser le paysage qui s’était coloré d’une lueur douce.


J’avais d’abord hésité entre ce concert et celui de London Grammar qui jouait également ce soir là dans la ville. Mais c’est précisément le prestige et la réputation de ce bâtiment, Carré, qui a achevé de me convaincre de porter mon choix sur Agnes Obel. Et j’en suis plus que ravie !



Agnès Obel était M.A.G.N.I.F.I.Q.U.E. Un pur moment de magie. Quelle humilité, quelle générosité, quelle simplicité ! Je me suis même entendue penser « Oh non, déjà ?! » lorsqu’elle a quitté la scène avec ses musiciennes. Je n’ai pas vu le temps passé – je n’en ai pas eu assez. La pureté et la force de sa vois m’a touché droit dans le cœur. C’était comme un échange, un dialogue pendant lequel l’interlocuteur te regarde droit dans les yeux sans jamais ciller, t’obligeant à lui faire face et de faire face à toute ces choses inédites ou inavouées qui se réveillent en toi. C’était beau de la première à la dernière note. Ça sentait le travail bien fait et sincère. Tout était exécuté avec minutie et générosité. Et l’intimité créée par cette salle rendait ce dialogue encore plus vrai.






